La gestion intégrée des eaux de pluie, mais qu’est-ce-que c’est ?

Petite histoire de la gestion intégrée des eaux de pluie.

Depuis une centaine d’années, les eaux de pluie et les eaux usées sont systématiquement collectées dans des réseaux d’égouts, pour être acheminées loin des villes. Ce mode de gestion est apparu après la découverte du lien entre la présence d’eau usée dans les rues et l’apparition de maladies.

Avec la généralisation de la voiture et l’agrandissement des villes, les surfaces imperméables se sont multipliées et nécessitent des réseaux d’eau pluviale toujours plus importants pour collecter les eaux qui y ruissellent. Mais ce mode gestion commence à montrer ses limites :

  • Coût très important de pose et d’entretien des canalisations,
  • L’eau ruisselant le long des caniveaux capte tous les polluants des villes,
  • Les eaux de toutes ces surfaces imperméables, en étant concentrées dans un seul tuyau, se déversent rapidement et en masse vers les cours d’eau et sont en partie responsables des inondations,
  • Toute cette eau ne pénètre plus dans le sol et peu influencer le rechargement des nappes phréatiques.

En réponse à ces problématiques, un nouveau mode de gestion a émergé : la gestion intégrée. Cette gestion est dite intégrée car elle prend en compte simultanément tous les paramètres de l’environnement concerné.

Mais la gestion intégrée des eaux pluviales n’est pas nouvelle, elle est en fait aussi ancienne que l’invention du toit ! Les terrains ont toujours absorbé l’eau de pluie des toits, et bien avant l’apparition des gouttières et des canalisations. Cette technique n’est en fait que la réadaptation de l’infiltration naturelle de l’eau de pluie, avec les normes environnementales actuelles.

Comment fonctionne ce mode de gestion ?

La gestion intégrée des eaux pluviales est une technique de gestion de l’eau de pluie sur place et sans tuyau. Les eaux ne sont plus concentrées ni déplacées, mais sont captées dans de petits ouvrages végétalisés de proximité dans lesquels l’eau s’infiltre doucement vers la nappe phréatique. Cette approche permet de répondre à toutes les problématiques posées par la gestion liée aux tuyaux, et d’avoir un impact positif sur la biodiversité et le cadre de vie.

Cette technique, peu coûteuse, nécessite peu de travaux, mais aussi peu d’entretien. En effet, on utilise au maximum les espaces verts existants, auxquels on leur ajoute une fonction hydraulique. Ainsi les espaces verts de loisirs ou d’ornements, publics ou privés, deviennent par temps de pluie des ouvrages hydrauliques sans entretien supplémentaire.

Cas particulier des réseaux unitaires :

Il existe un certain nombre de réseaux dit unitaires. Ces réseaux collectent, dans un même tuyau les eaux de pluies et les eaux usées et se déversent en station d’épuration. Ce mode de gestion est aujourd’hui interdit car en cas de forte pluie, les eaux arrivent massivement en station d’épuration, dépassant parfois la capacité maximale de celle-ci. La station saturée déborde dans les cours d’eau et les pollue.

Face à cette obligation de séparer les eaux de pluies et les eaux usées, la gestion intégrée s’avère parfaitement adaptée, car elle évite l’installation d’un deuxième réseau, générant ainsi des économies considérables pour les collectivités et limitant l’importance des travaux. De plus, pour déconnecter les bâtiments il suffit de débrancher la gouttière et d’adapter le jardin, ce qui génère également des économies pour les particuliers qui n’ont pas à faire installer un deuxième branchement.

Et le CPIE Loire Anjou dans tout ça, quel est son rôle ?

Gérer l’eau de pluie, dans un espace vert, au plus près de l’endroit où elle tombe, implique de capter l’eau des espaces publics sur ceux-ci, mais aussi de gérer l’eau des toits sur chaque parcelle. Gérer les eaux pluviales à la parcelle nécessite un accompagnement complet de chaque propriétaire. Tout d’abord un appui technique au cas par cas, car il n’existe pas de technique standard, et que chaque terrain est différent. Mais aussi un travail de médiation, pour faire comprendre et accepter le projet, et surtout pour trouver les solutions adaptés aux usages du jardin et aux goûts de leur propriétaire. Contrairement à la gestion au tuyau, très technique, ici tout dépend du jardin et de son jardinier. Le jardinier étant le meilleur expert de son propre terrain, le travail en concertation est central.

Guider les habitants n’est donc pas un travail d’expert mais d’accompagnement au changement, qui réclame de la neutralité et de la pédagogie.

Le CPIE Loire Anjou, par son approche scientifique, son expérience de la sensibilisation à l’environnement et d’accompagnement des collectivités dans leurs projets environnementaux, devient donc un partenaire adapté pour faire l’intermédiaire entre les élus, les bureaux d’études et les habitants. Ainsi que pour mener à bien les projets de gestion de l’eau de pluie à la parcelle.

Rémy Médici, chargé d’action gestion intégrée des eaux pluviales
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