La Courtilière Gryllotalpa gryllotalpa

Il est difficile d’imaginer plus singulier insecte que la Courtilière ! Au premier abord il est d’ailleurs bien malaisé de savoir à quelle famille peut appartenir cet animal aux grandes et grosses pattes à l’avant du corps ressemblant à celle d’une taupe, aux ailes lui permettant de voler et muni d’une carapace faisant penser à celle d’une écrevisse…

Son nom latin peut cependant nous aider : Gryllotalpa, le Grillon-taupe. Ainsi il s’agit d’une espèce du même Ordre que les Grillons (appartenant aux Orthoptères) où sont également classés les criquets et les sauterelles. Pouvant mesurer jusqu’à 5 cm et de couleur fondamentale brun-roux elle est aisément reconnaissable à ses larges pattes avant fouisseuses. Ses ailes antérieures sont courtes tandis que ses ailes postérieures sont allongées en pointe. Pour compléter sa description, la courtilière possède deux cerques (petites pointes) à l’arrière du corps.

La courtilière vit, tout comme la taupe, dans des galeries souterraines à la recherche de nourriture. Elle apprécie tout particulièrement les terrains meubles, surtout en milieu frais ou humide, les jardins et les cultures maraîchères correspondent généralement bien à ces caractéristiques.

D’ailleurs, le terme de « courtilière » se rapporte à Courtil qui signifie étymologiquement  jardin (clos), « courtilière » est donc le synonyme de « jardinière ».

Ses pattes avant fouisseuses qu’elle utilise comme des pelles pour expulser la terre vers l’arrière sont alors parfaitement adaptées à ce mode de vie. Pour rendre encore plus difficile son observation elle possède une activité principalement nocturne.
Pour espérer l’apercevoir il est préférable de la rechercher entre les mois d’avril et d’octobre durant lesquelles elle se déplace le plus. A cette période, la courtilière se nourrit principalement de débris végétaux, de larves d’insectes et de vers de terre. Elle se prépare alors pour la reproduction qui se déroule pendant l’été. Ainsi elle creuse un nid dans le sol (jusqu’à 40 cm de profondeur) où elle dépose jusqu’à 300 œufs. Les jeunes courtilières restent deux ans sous terre pour réaliser leur métamorphose avant de pouvoir remonter vers la surface.

Autrefois très commune dans tous les jardins la courtilière est à présent une espèce rare. En effet, elle a fait l’objet d’une lutte importante par insecticide au cours du siècle dernier, qui l’a fait disparaître de nombreux territoires.

Ainsi, en Anjou elle reste peu témoignée et dans les Mauges, là où elle est le plus recherchée, la carte de répartition laisse encore de nombreuses communes vierges.

Ses habitudes discrètes peuvent nous laissez espérer que celle-ci soit plus présente que ce que ces observations nous laissent penser.  Tout témoignage pour compléter la carte de répartition sera donc précieux et un appel plus particulier est lancé aux jardiniers qui sont susceptibles d’avoir pu revoir ce bel insecte.

Une autre possibilité pour découvrir l’espèce est de prêter attention à son chant ressemblant à un roulement doux et bas les soirs chauds. Seul les mâles émettent ce chant, pour ce faire, ils frottent leurs ailes l’une contre l’autre.
Pour écouter le chant de la courtilière ou de d’autres insectes, rendez-vous sur ce site.

La Courtilière vous intéresse ? N’hésitez-pas à nous faire part de votre avis sur cet insecte peu commun !

Olivier Durand, chargé d’action biodiversité

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