RALLUMER LES ÉTOILES :

MISE EN PLACE D’UNE TRAME NOCTURNE OPÉRATIONNELLE SUR LE TERRITOIRE DES MAUGES.

Éteindre les éclairages inutiles, allumer les consciences endormies

Le CPIE Loire Anjou est lauréat de l’appel à projet Mob biodiv’ 2020 de l’Office Français de la Biodiversité pour son projet : Rallumer les étoiles, mise en place d’une trame nocturne opérationnelle sur le territoire des Mauges.

Le projet est également soutenu par Mauges Communauté.eI

I

C’est quoi une trame nocturne ?

Une trame nocturne est un environnement propice aux déplacements et cycles de vie de la biodiversité nocturne.

Cette trame vise notamment à identifier et préserver les continuités écologiques du territoire qui sont formées par des réservoirs de biodiversité (forêt, vallée, boisement…) liés par des corridors écologiques (haies, cours d’eau…) favorable aux déplacements nocturnes.

Son identification permettra de préserver ces milieux par des actions de réduction de la pollution lumineuse et de sensibilisation de la population.

Pourquoi une trame nocturne dans les Mauges ?

La mise en place d’une trame nocturne répond aux enjeux écologiques, économiques et sociétaux du territoire des Mauges en s’inscrivant dans une démarche de développement durable et répond aux enjeux du plan climat air-énergie territorial.

Cette trame permettra de :

  • Restaurer des corridors écologiques aujourd’hui fragmentés (haies, bois…)
  • Apporter un complément aux trames vertes et bleues du territoire
  • Adopter une sobriété énergétique sur le territoire et réduire les émissions de gaz à effet de serre
  • Moderniser et adapter les dispositif d’éclairage pour la biodiversité (tout en conservant l’aspect patrimonial et sécuritaire)
  • Optimiser la lumière pour une meilleure qualité de vie (sommeil, santé…)
  • Préserver la qualité du ciel nocturne (astronomie)

Zoom sur les dangers imputables à la pollution lumineuse :

L’éclairage artificiel peut avoir des conséquences importantes sur la faune nocturne. Il peut jouer un rôle de « barrières » qui repoussent certaines espèces comme les oiseaux nocturnes (chouettes, hiboux) ou les chauve-souris. L’éclairage peut également être un véritable piège attractif, très néfaste pour les insectes.

Les halos lumineux, souvent générés en agglomération par une forte densité lumineuse perturbent les migrations de certaines espèces en changeant leurs axes de migration.

Dans cette étude, les chauves-souris seront spécifiquement étudiées du fait de leur facilité de détection grâce aux mesures des ultrasons. Elles sont également très représentatives des comportements de la faune nocturne. Leurs zones de chasses couvrent une étendue de plusieurs kilomètres. Par conséquence les effets de la lumière artificielle sont particulièrement mesurables sur ces populations.

La déclinaison du projet :

Le projet de trame nocturne s’articulera sous la forme suivante :

  • Recherche bibliographique et technique
  • Amélioration des connaissances par la mise en place d’enregistreurs acoustiques de chauves-souris
  • Traitement cartographique en compilant les données écologiques (espaces naturels, haies, cours d’eau…) urbanistiques (SCOT, PLUi…) et techniques (éclairage public)
  • Identification de la trame nocturne
  • Indentification des zones de conflit entre éclairage et mouvements de population nocturne. (barrières lumineuses, éclairages intrusifs ou mal orientés, températures de couleur non adaptées)
  • Accompagnement de tous les acteurs dans une meilleure gestion des éclairages extérieurs
  • Animation et sensibilisation à la préservation du ciel nocturne

Comment agir chez soi ?


Plusieurs possibilités existent pour atténuer les effets néfastes de l’éclairage artificiel :

  • Par la temporalité, (gestion des durées d’allumage) en adaptant l’éclairage extérieur aux besoins
  • Par la technologie, en privilégiant des lampes à température de couleur en dessous de 2700°K (teinte jaune ou mieux orange)
  • Par l’orientation, des dispositifs d’éclairage, en orientant le flux lumineux uniquement vers le sol là où il est nécessaire
  • Par l’aménagement, en privilégiant une signalisation réfléchissante et luminescente.

Rappel de la réglementation

  • Interdiction d’éclairage direct des surfaces en eau : cours d’eau, plans d’eau…
  • Ne pas utiliser de lampadaire « boule » (voir inventaire ci-dessous)
  • Privilégier un éclairage du haut vers le bas
  • Éviter le gaspillage en éclairant au plus juste en évitant la dispersion du flux lumineux

Information sur l’arrêté du 27 décembre 2018

Ce que dit l’arrêté du 27 décembre 2018 ; relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses

Article 1 : Définition des catégories d’installations d’éclairage :

Article 2 : Les plages horaires d’extinction détaillées dans l’arrêté ministériel « nuisances lumineuses » (voir tableau)

Article 3 : Les prescriptions techniques et les contrôles de conformité détaillés dans l’arrêté ministériel « nuisances lumineuses »

L’article 3 impose un éclairage dirigé vers le bas, le flux lumineux émis au-dessus de l’horizontal doit être inférieur à 4 %

La température de couleur (mesurée en Kelvin « K ») caractérise le ressenti d’une lumière blanche produite par une source lumineuse. La lumière peut être qualifiée de chaude (valeur basse de température de couleur, teinte orangée) ou froide (valeur élevée de température de couleur, teinte bleutée). La recommandation pour un équipement neuf (après 2019) est de 3000°K.

Articles 4 et 6 Relatifs aux sites naturels et astronomiques

Article 5 Contrôle de conformité, des contrôles peuvent être réalisés reprenant les prescriptions des précédents articles.

Article 7 Abroge l’arrêté du 25/01/2013

Article 8 Calendrier, depuis le 01/01/2020 toutes les installations neuves doivent être conformes, puis jusqu’au 01/01/2025 pour se mettre en conformité

Infographie sur l’arrêté

Exemple de gestion de l’éclairage public sur Montrevault-sur-Evre

Les communes des Mauges, déjà bien engagées dans une politique de réduction d’éclairage public ont réalisées des économies financières de 15 à 30 % sur le budget « électricité éclairage public ». Elles appliquent par exemple le modèle suivant sur la commune de Montrevault-sur-Evre.

Luminaire non-conforme

Luminaire conforme

Recommandé

Recommandé

Les horaires d’éclairage, la diminution des points permanents, les coupures l’été, la réduction des températures de couleur, le remplacement des lanternes énergivores et/ou obsolètes vont permettre de réduire l’impact de l’éclairage artificiel sur la biodiversité. En complément le CPIE travaillera sur des zones dites « de conflit » où sont identifiées des problématiques entre l’éclairage et continuités écologiques.

Le CPIE se propose d’accompagner les habitants, les collectivités et les acteurs économiques du territoire dans une meilleure maîtrise de leurs éclairages extérieurs.

Vous pouvez solliciter un conseiller du CPIE Loire Anjou au 02 41 71 77 30 ou f-malinge@cpieloireanjou.fr

François MalingeChargé d’action énergie-climat
Thomas Rochard, Chargé d’action biodiversité
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