Pique-prune : un gros Coléoptère.

Suite à un appel à projet porté par la DREAL des Pays de la Loire, le CPIE Loire Anjou a proposé une action concernant l’ « actualisation des connaissances sur le Pique-Prune Osmoderma eremita en Anjou. ». Ce projet se déroule sur trois années de prospections : 2017, 2018 et 2019.

Le Pique-prune est un Coléoptère de taille importante, le plus gros représentant de la famille des cétoines. Il est inscrit sur la liste des espèces protégées et a été particulièrement médiatisé il y a un peu plus de dix ans suite à la mise en attente de la construction d’une autoroute en lien avec la présence de l’espèce sur le tracé (autoroute Le Mans-Paris).

Le Pique-Prune

Chêne avec une cavité hébergeant le Pique-Prune

Crottes de Pique-Prune

Sa présence était avérée dans les Mauges par des données récentes à La Chapelle-Saint-Florent, La Varenne ou encore Liré. Pour autant ces observations ont souvent été fortuites et isolées et nous ne connaissons finalement que peu de choses sur la répartition de l’espèce sur notre territoire. L’objectif de l’étude est donc de contrôler les sites connus de façon historique et contemporaine et de rechercher de nouvelles stations dans la vallée de l’Evre (secteur bocager riche en Chêne pédonculé Quercus robur avec présomption de présence de l’espèce en lien avec les stations déjà connues) et dans la vallée de la Loire.

Ainsi, au cours des étés 2017 et 2018 nous avons effectué des prospections afin de détecter l’espèce et mieux connaitre sa répartition en Anjou. Ceci sera réitéré à l’été 2019.

La détection de l’espèce passe par la recherche d’individus adultes vivants mais peut surtout être montrée par différents indices, notamment la présence de fragments d’individus (pattes, élytres) ou d’excréments. La présence de fèces ou de débris d’insectes doit toutefois être interprétée avec précaution : ces indices peuvent persister des dizaines d’années dans une cavité, même si l’espèce a cessé de s’y reproduire. De ce fait, seule l’observation des larves vivantes ou des adultes permet d’attester la présence actuelle de l’espèce. L’odeur particulière, comparée habituellement à celle de « cuir de Russie » et parfois de prune ou de pot-pourri, qui se dégage typiquement du terreau dans lequel le développement de l’espèce a lieu peut être également un précieux indice.

Le Pique-prune est exigeant pour son habitat sa reproduction relèvent du « microhabitat » que sont les cavités d’arbres (feuillus essentiellement, et surtout le chêne en Anjou). Les arbres choisis pour la ponte sont ceux présentant de grandes cavités remplies de terreau. Cette spécificité en font une espèce qui peut être recherchée de façon systématique et pour laquelle les résultats sont les moins aléatoires que chez beaucoup d’autres espèces mangeuses de bois (Rosalie des Alpes, Grand capricorne…) : la prospection de cavités favorables et leur inspection est une méthode fiable pour détecter l’espèce lorsqu’elle est présente. De plus, elle permet généralement d’attester et de localiser très précisément le lieu de reproduction par la découverte de larves. L’utilisation d’une échelle télescopique est alors nécessaire pour cette étape.

En Europe, les adultes sont visibles d’avril à septembre, juillet et août étant les mois les plus propices à leur observation c’est durant cette période que l’espèce est recherchée prioritairement

Depuis deux ans nous avons pu trouver une petite trentaine d’arbres hébergeant l’espèce ce qui est très encourageant car nous ne soupçonnions pas l’espèce aussi bien présente dans les Mauges !

Tous les arbres sont cartographiés et une sensibilisation aux secteurs hébergeant l’espèce sera faite auprès des communes et propriétaires concernés.

Nous comptons également sur les témoignages des habitants des Mauges pour nous aider à améliorer la connaissance sur la répartition de l’espèce. Ainsi, si vous avez de vieux arbres creux (notamment des beaux chênes) ou si vous avez vu une bête ressemblante près de chez vous n’hésitez pas à nous communiquer l’information ou à la photographier pour que nous puissions venir chercher le Pique-Prune l’an prochain.

Olivier Durand, chargé d’action biodiversité

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