Biodiversité et confinement, les habitants sollicitent le CPIE !

Depuis toujours le CPIE cherche à renseigner les habitants du territoire sur les espèces présentes dans les Mauges (et plus généralement en Maine-et-Loire). Ceci passe par des animations, des outils pédagogiques, des échanges mails, des déterminations de photos, le développement de la base de données en ligne (https://cpie.kollect.fr), etc.

Avec le confinement vécu depuis mars nous avons pu observer un net accroissement des questionnements et témoignages liés à l’observation de la nature chez soi.

Depuis mi-mars :

  • La base compte plus de 30 inscriptions,
  • Plus de 230 demandes d’identifications d’espèces animales ou végétales faites en photos ont été réceptionnées,
  • 3 000 données ont été saisies sur la base (en dehors des salariés du CPIE).

De belles espèces (parfois peu communes), ont pu être témoignées : Crapaud calamite, Triton crêté, Élanion blanc, Testacelle atlantique (limace), Coccinelle de la Bryone, Cétoine noire, Petite forficule, Hachette (papillon), Anax napolitain (libellule), Coronelle lisse (serpent), Orchis pyramidal, Ophrys abeille, Doronic à feuilles de plantain, etc. !

Autour de ces observations arrivent également des interrogations sur les effets positifs du confinement sur la nature. Notre discours a alors été centré sur plusieurs éléments :

  • Il faut bien avoir en tête que l’abondance des espèces, ou le maintien de leurs populations, dépend de nombreux facteurs : climat (et son dérèglement), présence de ressources alimentaires, de zones de reproduction ou de quiétude, du parasitage, des conditions de l’année précédente (météorologie), etc. Un confinement de quelques mois ne peut donc pas avoir d’effets forts ou durables pour la très large majorité des espèces,
  • Le fait d’observer des espèces « nouvelles » chez soi est plus souvent lié à une attention plus accrue de la nature pendant le confinement, ces espèces étaient souvent déjà là !
  • Si le confinement a pu créer ponctuellement des conditions favorables pour la reproduction de certains vertébrés (oiseaux, mammifères…) avec une quiétude plus importante (moins de voitures, pas d’avion, moins de balades dans les chemins…), ceci n’a eu lieu que sur une faible partie de l’année (et donc sur une faible partie du cycle biologique des espèces) et ne peut donc permettre de compenser toutes les atteintes portées avant et après le confinement,
  • Le confinement a pu donner du temps pour entretenir les extérieurs chez soi… là où les haies poussaient plus longtemps, où les tontes étaient plus espacées et où un petit coin de végétation haute et spontanée s’était installé, on s’est mis à intervenir de façon souvent plus importante, guidé par notre vision subjective du « propre ». Ce sont autant d’actions mettant à mal les nids d’oiseaux, la floraison des plantes, les pollinisateurs ou les zones de refuges pour les petits animaux…

Ainsi, si le confinement a indéniablement été favorable à l’observation de la nature par le plus grand nombre et a favorisé la sensibilisation à la présence d’une biodiversité locale qui s’offre tous les jours à notre regard, il faut toutefois bien garder en tête que la sauvegarde de cette nature aura besoin de plus de trois mois de répit pour continuer à nous émerveiller !

En cette fin de confinement, n’oubliez donc pas de poursuivre à regarder la nature et de nous interroger sur ce qui pousse, vole, rampe ou saute chez vous !

Conscient du rôle que chacun peut jouer autour de sa maison, le CPIE travaille actuellement à un guide d’actions simples et synthétiques pour favoriser et prendre en compte la nature qui nous entoure. Vous en aurez des nouvelles prochainement !

Olivier Durand et Dorian Angot, chargés d’action biodiversité
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